Cancer du sein et octobre rose : entre ignorance et doute

Octobre rose, c’est le mois de sensibilisation du dépistage pour le cancer du sein. Même si c’est la première cause de mortalité chez les femmes au Sénégal d’après l’agence internationale de recherche sur le cancer, avec plus de 853 cas de cancer  du sein  par an au Sénégal, la maladie reste encore ignorée chez les femmes. Un tour au quartier populaire de Médina, a permis de confirmer une telle thèse.

En cet après midi ensoleillé, la chaleur à l’intérieur des maisons est insupportable. Les devantures des maisons restent les lieux préférés des médinois. Presque devant la quasi-totalité des demeures, un groupe d’hommes ou de femmes, est assis, prenant de l’air.

Nous nous dirigeons vers un groupe de femmes. Une dame se tresse, alors que l’autre se concentre sur le grillage de ses arachides. Fatou Fall, la coiffeuse d’occasion ne connait pas grand-chose du cancer du sein. Ce qu’elle en sait, c’est que les symptômes peuvent être vérifiés facilement. «Dès que tu ressens quelque chose, une boule par exemple au niveau des seins, il faut aller se faire consulter, au risque d’avoir le cancer ».Même si elle a une petite idée de cette maladie mortelle, par rapport à l’octobre rose, c’est l’ignorance totale. « C’est la première fois, que j’en entends parler».

Sa copine, Mariama Diop assise à ses côtés également n’est pas trop renseignée sur ce phénomène. «J’en entends souvent parler à la radio et à la télévision, mais je n’en sais pas grand-chose», répond-elle sèchement. Et de s’interroger «l’octobre rose n’est-il pas une maladie 

Souvent appelé péjorativement «gomou robalé, febar bou bone bi», le cancer est un sujet tabou et est redouté. C’est le cas de Seynabou Sall, qui semble fuir le sujet depuis le début, en se concentrant sur ses arachides, et elle a pourtant eu échos de quelques notes sur le cancer du sein. «Il parait que c’est une maladie mortelle. Elle tue beaucoup ces derniers temps. Le cancer du sein, n’est pas une maladie à négliger. Donc, du coup, dès qu’une femme ressent les premiers symptômes, elle doit aller se faire diagnostiquer, pour avoir une idée claire et précise de ce qui lui arrive», conseille-t-elle.

Plus informé sur la maladie contrairement aux autres qui ont des ouïes dire et font des approximations, Mamadou Diallo, qui se trouve un peu loin du groupe, un retraité à la soixantaine, termine la lecture de son quotidien pour donner son avis. Habillé d’une chemise en wax multicolore, assortie d’un pantalon kaki beige, Mr Diallo pense que le traitement de la maladie devrait être gratuit. «C’est une maladie, extrêmement coûteuse. Non seulement, le patient souffre physiquement, mais financièrement, elle aura des difficultés pour se soigner convenablement. L’état devrait prendre entièrement le traitement de cette maladie», laisse t-il entendre. Même s’il n’a jamais vu une personne atteinte de cette maladie, il entend dans les médias, les dangers du cancer du sein. «Depuis quelque temps, les  gens en parlent beaucoup. C’est à la limite devenu «un phénomène qui prend de l’ampleur». A l’image de Mamadou Diallo, Fatou Hann, une jeune dame retrouvée, devant sa demeure pense qu’aujourd’hui, de plus en plus, les femmes sont atteintes de cette maladie. «On en parle beaucoup. Nombreuses sont les femmes qui en meurent par ignorance. Octobre Rose est une bonne occasion pour les femmes, de se faire dépister, de mieux connaitre la maladie…».

Cap sur l’hôpital Dantec où une malade du col de l’utérus s’offusque de la médiatisation du cancer du sein plus que les autres cancers «ce sont tous les cancers qui sont mortels, pourquoi se focaliser uniquement sur celui du sein.». D’après elle, les autres cancers sont plus onéreux. D’ailleurs c’est dans ce sens qu’elle indexe l’Etat du Sénégal pour une subvention de la maladie cancéreuse surtout de la chimiothérapie. Elle déplore le fait que les malades du SIDA soient plus à l’aise car leurs antirétroviraux sont gratuits. Elle ne peut comprendre en outre le favoritisme du ministère de la santé. Livrées à elles-mêmes, ce sont les bonnes volontés qui les aident à acheter leurs médicaments. La chimio leur couterait les yeux de la tête et il y en a qui abandonnent par manque de moyens croit-elle savoir.

Par Kya

 

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