Couple sans enfants : quand l’absence de nativité rompt les liens

Les témoignages de victimes font froid dans le dos. Les femmes dites infertiles sont pointées du doigt et accusées de tous les péchés d’Israël à tort ou à raison. Pendant que l’homme n’est nullement inquiété et se la coule douce. Les femmes paient les pots cassés, vivent l’enfer, subissent des humiliations et finissent la majeure partie du temps par divorcer en amenant avec elles de lourds traumatismes.

Mme Touré, 36 ans

«Ma belle-mère me fait vivre l’enfer»

«Je suis à ma cinquième année de mariage mais je n’ai pas encore la joie d’enfanter. Je n’ai pas non plus ne serait-ce qu’une grossesse. Je mets tout entre les mains de Dieu mais c’est une situation qui m’affecte au plus haut niveau. Mon mari me soutient mais ce n’est pas facile pour lui. Sa maman lui demande de prendre une seconde épouse mais il dit niet à sa requête. Je vis l’enfer dans mon foyer, je suis victime de quolibets de la part de ma belle-famille. Ma belle-mère ne me supporte pas, elle me lance des piques à tout va. J’ai pensé à divorcer mais mon mari ne l’entend pas de cette oreille.  Je lui ai même suggéré d’en épouser une autre mais il refuse. Tous les deux nous n’avons rien qui puisse nous empêcher d’enfanter.  Nous avons fait des séries d’analyses dans les hôpitaux, changé de médecins et avons même fait recours aux tradipraticiens mais rien. C’est fort de ce constat que nous remettons tout entre les mains de Dieu. Nous avons la foi, raison pour laquelle nous ne baissons pas les bras mais c’est notre entourage qui nous perturbe».

Mme Sene 29 ans

«Mon infertilité a eu raison de mon mariage»

«Je me suis mariée très tôt à l’âge de 19 ans, mon mari en avait 26. Nous formions un jeune couple et étions amoureux.  Mais  malheureusement cet amour s’est effiloché au bout de 3 ans. Je ne parvenais pas à être mère. Mon couple commença à battre de l’aile ; même si au début mon mari me soutenait, je sentais qu’il lâchait prise peu à peu et l’absence d’un bébé dans notre couple commençait à se faire sentir. Puisqu’on habitait seuls, la maison était toujours calme, il me faisait des remarques allant dans ce sens. Le problème venait de moi, j’ai suivi moult traitements mais rien n’y fit. Ne voulant pas être égoïste, je lui ai demandé de prendre une seconde épouse. Au début, mon mari rejetait cette idée mais finalement il a en épousé une autre sous la pression de mes belles-sœurs (ma belle-mère est décédée). J’avais le cœur meurtri mais je ne laissais rien paraitre. Au bout de quelques mois, sa femme tomba enceinte et était devenue le chouchou de ma belle-famille. Cette dernière me narguait à chaque rencontre mais je ne ripostais pas je restais stoïque. J’étais devenue un meuble dans mon foyer mon mari me délaissait petit à petit au détriment de l’autre. Il m’a même dit que je lui ai fait perdre son temps pendant 8 ans. La goutte de trop qui a fait déborder le vase. Ne pouvant plus supporter cette humiliation j’ai demandé le divorce le même jour. Il a eu son enfant avec l’autre. Mais par la grâce de Dieu je me suis remariée 2ans plutard et j’ai honneur d’être maman. «Comme quoi à quelque chose malheur est bon».

Mme Mbaye, 42 ans

«J’attends le miracle du siècle»

«Je suis à ma 18ièmeannée de mariage. Je ne pense pas qu’un jour je puisse enfanter. J’ai  une insuffisance ovarienne qui touche 1% des femmes et se caractérise par une absence totale d’ovulation, le plus souvent définitive. J’ai fait tous les traitements possibles mais je suis toujours à la case de départ.  J’attends le miracle du siècle. C’est très dur de ne pouvoir donner un enfant à l’amour de sa vie c’est stressant et tres pénible. J’ai toujours le moral à zéro, mais c’est mon mari qui me réconforte. Mon mari a deux autres femmes, je suis la première.  Mes coépouses ont leur progéniture, elles ne ratent aucune occasion pour me rappeler mon infertilité surtout, la troisième femme, elle ne me supporte pas. Selon elle, je suis une «figurante» dans la famille car n’ayant pas d’héritiers à donner à notre mari. Elle est tellement amère. Mais mon mari me soutient et ne permet pas des remarques déplacées. Parfois mes deux coépouses se liguent contre moi et ne veulent pas que je parle à leurs enfants ou que je leur demande de me faire des commissions.  C’est dans ces moments que je ressens de la peine, que j’en veux à la terre entière. Pour m’apaiser, je me refugie dans la prière».

Mme Leye, 32 ans

«Mon mari refuse de se faire consulter»

« Je suis à ma 3ème année de mariage mais je n’ai pas encore l’ombre d’une grossesse ; mon mari était affecté dans une autre région nous ne vivions pas ensemble. Mais quand on a voulu avoir un enfant, mon gynécologue m’a suggéré de vivre avec lui pour une sexualité active. Ce qui fut fait. Mais depuis deux ans toujours rien. Personnellement je ne souffre d’aucune pathologie qui puisse m’empêcher d’être maman. Mon mari refuse de se faire consulter, selon lui, il est en bonne santé je lui ai expliqué que mon gygy m’a dit que la pathologie peut provenir soit de l’homme, soit de la femme. Le malheur est qu’il fait une confusion entre virilité et fertilité. On dirait qu’il cache quelque chose. Il avait déjà eu une femme avant moi mais ils n’ont pas d’enfant non plus. Je ne sais pas pourquoi, il ne veut pas admettre que le problème provient de lui. Dés que je lui parle d’un urologue il s’énerve, boude et met terme à la discussion. Sa mère me dit souvent qu’est-ce qu’on attend pour lui donner un «petit chéri» ou une «coépouse» en blaguant ; Mais je sais que c’est son désir. Elle m’a même demandé d’arrêter d’utiliser les méthodes contraceptives. Je veux lui dire la vérité mais mon mari m’en dissuade. Il m’interdit d’en parler à qui que ce soit et de mettre tout sur la volonté divine. Je suis vraiment déboussolée».

Kya pour Jigguen

 

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