De l’amour à partager

Il y en a et souvent ce sont des hommes, qui disent que même si chaque homme épousait 5 femmes, il resterait encore des femmes célibataires sur terre. Pourquoi ? Et bien parce que nous autres les femmes sommes trop nombreuses, en tout cas plus qu’eux.

Pour une femme célibataire depuis assez longtemps, ce sont là des affirmations qui font froid dans le dos.

Elle pourrait se demander si un jour elle rencontrera quelqu’un qui va l’épouser vu que chaque génération vient avec son lot de jolies minettes toutes plus belles les unes que les autres.

Allez lorgner l’évolution physique des « nées en 2000 ». On dirait des fusées, elles vont si vite sur tous les plans en plus d’être osées, audacieuses et juste canons à souhait. De vraies menaces pour leurs aînées encore célibataires.

Autant de femmes sur terre, aussi peu d’hommes sur terre.

C’est là que la théorie de la polygamie entre en jeu.

Le partage.

Partager celui qu’on aime avec une autre femme, d’autres femmes.

Même si aujourd’hui la polygamie est surtout associée à l’islam, ce dernier ne l’a pas inventée.

Cette pratique existait dans la péninsule arabique, avant l’avènement même de celle-ci. En effet, la polygamie était répandue dans la société arabe pré-islamique. Par conséquent, il s’avérait difficile à l’islam, pour ne pas dire impossible, de bouleverser radicalement ce qui constituait la pièce fondamentale de la famille, à savoir l’institution du mariage.

Ce qui explique l’absence dans le Coran d’une interdiction formelle de cette pratique.

En prenant en compte le contexte historique, on pourrait dire que l’islam tenait, avant tout, à réglementer la polygamie, en limitant le nombre maximal à quatre épouses.

Il est vrai que le Coran autorise cette pratique, mais il ne l’impose pas. C’est une question de choix.

Il ne l’impose pas.

Dans nos sociétés musulmanes et africaines de surcroît, cette pratique est assez courante et c’est limite si on n’exige pas à la femme de laisser son mari brouter ailleurs.

On nous rabâche les oreilles avec «Tous les hommes sont infidèles», le fameux «mounieul» et puis l’homme n’est qu’un homme.

Ces arguments font qu’aujourd’hui la plupart des jeunes femmes célibataires au Sénégal ne se gênent pas pour attirer un homme marié dans leur filet.

Ce qui en soit n’est de la faute de personne.

On en est arrivée à un point où sortir avec un homme marié est devenu un accomplissement, une victoire, une fin en soi. Cela fait même plaisir de montrer qu’on se fait le mari d’une autre.

Pour certaines de ces femmes, dans « mari d’autrui » il y a autrui dedans et puis comme elles disent souvent sur les forums de discussion «Tous les hommes bons sont déjà mariés».

Et donc il va donc falloir viser la deuxième, troisième ou quatrième place.

L’essentiel est de se marier, ne pas mourir vieille fille, ne pas attendre la ménopause et surtout «seuy seuy bi».

La future deuxième épouse de l’homme marié est égale à la maîtresse dans les religions où la polygamie n’est pas permise.

C’est à croire que les hommes sont insatiables où que les femmes veulent coûte que coûte se caser.

L’objectif ultime de nos vies serait-il d’avoir un homme à nos côtés ?

Mais que faisons-nous de l’amour dans tout ça ?

À quoi rime une relation avec un homme marié ?

Des cachotteries, la majeure partie du temps.

Il te cache à sa femme, il te cache à la plupart des membres de sa famille, à certains de ses amis.

Vous ne pourrez pas aller où vous voulez, quand vous voulez.

Vous ne pouvez pas vous prendre en photo et mettre ça sur vos profils respectifs.

Votre relation est un pet, on ne le fait jamais en public ou au pire des cas on le fait en douce ni vu ni connu.

Il va falloir s’armer de patience quand Monsieur est avec Madame, quand madame est malade, quand Madame fait sa coquette, quand ils font l’amour, quand ils vont à la plage, quand tout simplement ils passent du temps ensemble.

Vous attendez.

Vous attendrez encore.

Autant qu’il le faudra, parce que vous n’êtes pas « officielle ».

Mais la patience paie toujours.

En dehors de cette catégorie, il y a les coups du destin.

Une frange d’hommes et de femmes qui n’ont rien demandé, qui n’ont jamais cru pouvoir tomber amoureux d’une ou d’un autre que leur partenaires respectifs.

Des femmes qui se disaient qu’elles ne sortiraient jamais avec un homme marié.

Des hommes qui avaient signé monogamie pour ne rester qu’avec leur épouse, ou juste des hommes qui d’emblée n’appréciaient pas la polygamie. Soucis d’équité.

Puis l’imprévisible est arrivé, l’amour est entré en jeu malgré eux. Le cœur a eu raison.

Et le cœur n’est pas une machine, il ne se laisse pas contrôler. C’est lui qui contrôle tout.

Si votre amour est sincère, assumez le et nourrissez le, il grandira et un jour vous le vivrez au grand jour peut-être.

Quoiqu’il en soit ça reste une question de choix. Personne ne doit vous juger si vous choisissez d’être heureuse, heureux.

Fatou Teddy Ndao

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