La fête de Tabaski : Quand la femme choisit son bélier

A une semaine de l’Aid El-Kebir communément appelé la fête du mouton, la capitale sénégalaise est assiégée par des foirails à chaque coin de rue. Rien d’anormal en cette veille de fête mais la spécificité ces dernières années est la présence des femmes. Les raisons de cette nouvelle donne sont diverses. Mmes Mbaye, Sall et Diallo nous expliquent leur présence sur les lieux.

Mme Mbaye, 38 ans

«Je suis venue avec mon époux pour acheter un bélier. Si je l’ai accompagné c’est dans le but qu’il ne se fasse pas berner. Mon mari ne sait pas marchander quand il veut quelque chose il y met le prix. Aussi j’aimerais choisir mon mouton, c’est vrai que je n’y connais rien mais l’esthétique compte pour moi. Je veux un beau bélier tout blanc et non un «tapp». Cependant, je reste raisonnable sur le prix, je ne veux pas qu’il dépense plus de 200.000 F.CFA. Il faut savoir raison gardée, il y a l’ouverture des classes qui pointe son nez.»

Mme Sall, 27 ans

«C’est ma première tabaski chez mon mari donc tout doit se faire dans les règles de l’art. Mon mari et moi passons la fête chez ses parents à Kaolack. Comme c’est la grande famille avec ses frères et leurs épouses, je ne veux pas être la «dernière de la classe». Je veux un gros, grand bélier qui soit l’attraction de la famille et des voisins. Mon mari n’est pas d’accord avec ma manière de voir les choses mais c’est moi qui ai le dernier mot. Actuellement je suis en mode repérage. Mon mari a les moyens donc il doit avoir un bélier selon son standing. Il y a rien de mal à se faire plaisir, aussi on ne vit qu’une seule fois.»

Mme Diallo, 30 ans

«Je suis venue acheter mon propre mouton. A celui qui a les moyens, il doit s’acquitter du sacrifice d’Abraham. Je suis contre le gaspillage, raison pour laquelle, je ne dépasse pas 100.000 F.CFA. Le problème c’est que le sénégalais veut vivre au dessus de ses moyens. Un des pays les plus pauvres dans le monde où les gens rêvent d’acheter un mouton à 500.000 F.CFA alors qu’ils tirent le diable par la queue, c’est vraiment paradoxal et déplorable. En général, ce sont les femmes adeptes du «voyez-moi» qui exigent des moutons imposants et poussent ainsi leur époux à se surpasser, quitte à s’endetter. Je conseille à mes sœurs de faire selon les moyens du bord. Il faut savoir soulager et soutenir son époux, l’essentiel étant de fêter la tabaski dans la joie et la bonne humeur».

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