Les finances dans les couples sénégalais

On dit souvent que l’argent est un sujet si délicat dans un couple qu’il peut causer bien des chicanes ! L’argent est un sujet tabou à tel point que beaucoup de conjoints salariés refusent même de révéler le montant de leurs salaires à la personne qui partage leur vie. Et pourtant, la vie à deux passe par les projets d’avenir (achat d’une maison, financement des études des enfants, etc…) et pour cela il faut mettre en place des plans concrets pour éviter de vivre des difficultés financières puisque l’état de nos finances a un impact direct sur notre qualité de vie.

De nos jours, nombreux sont les couples dont les deux conjoints sont salariés. Les épouses inactives se font rares, même si elles ne sont pas salariées, elles pratiquent au moins une activité génératrice de revenus (commerce, couture, coiffure, etc.).

L’homme est supposé être le pourvoyeur financier par excellence. En effet, le code civil sénégalais du mariage lui assigne l’obligation de prendre en charge les besoins de sa femme en nourriture, habillement, soins de santé et autres. Néanmoins, la plupart d’entre eux reconnaissent que les femmes d’aujourd’hui les soutiennent activement sur plusieurs plans. Mieux encore, il peut même arriver des cas où le chef de famille perde son boulot et ne soit plus en mesure de subvenir aux besoins de sa famille. Dans ce cas, l’épouse est donc amenée à assurer les dépenses quotidiennes du foyer.

En général, au Sénégal, dans la majorité des ménages l’homme a en charge les dépenses fixes : le loyer, l’électricité, l’eau, la scolarité des enfants, sans oublier la fameuse dépense quotidienne. La femme, quant à elle, gérera davantage les soit disant «petites dépenses» : le salaire des nounous, des lingères, l’habillement des enfants, etc. Mais il existe aussi, (même si c’est rare) des foyers où les dépenses sont vraiment gérées à équité c’est réellement du 50/50.

Mais il faut reconnaître que les avis sont partagés.

Si pour certaines femmes, il est tout à fait naturel d’aider son époux à subvenir aux dépenses de la famille, il faut noter aussi qu’il y a des hommes qui par pur orgueil et par fierté ne supporteront le moindre sou de la part de leur épouse car ils voient d’un mauvais œil d’avoir recours aux revenus de cette dernière.

Ces derniers te diront que ce rôle leur est entièrement dévolu aussi bien sur le plan religieux que sociétal mais surtout ils te feront savoir que lorsqu’une femme t’aide, elle finira toujours par le crier sur tous les toits.

Qu’en est-il alors lorsque c’est l’épouse qui détient le cordon de la bourse ? En général, ce n’est pas bien vu par l’entourage de la famille, qui n’arrêtera pas de lui faire des reproches «mais pourquoi tu le prends en charge ? Sa dieukeur da niakka diom, c’est plutôt à lui de te prendre en charge»

Il existe aussi des épouses qui ne sont pas enclines à entretenir une famille. Elles estiment qu’entretenir son mari ou l’aider à subvenir aux dépenses familiales n’est pas dans l’ordre normal des choses, c’est même contraire à la tradition. Elles iront même plus loin, dans leur argumentation, pour elles, donner un coup de main c’est encourager son homme à aller voir ailleurs : «si je l’aide, il donnera cet argent à une autre femme au lieu de l’économiser pour notre bien commun». Elles t’avoueront sans complexe «khorom sakh doumou ko dieuneu».

Sont-elles dans leur tort ou pas ? A vous de nous le dire. Dites-nous en commentaires ce que vous en pensez.

Jigguen

 

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