L’infertilité chez la femme, le regard de la société   

Victimes de la pression venant de la belle-famille, de la société et même parfois du mari, les femmes qui ne parviennent pas à procréer au bout de quelques mois, voire quelques années de mariage sont mises aux box des accusés.La marginalisation, la stigmatisation et la diabolisation font leur entrée quand la nativité tarde à pointer son bout du nez et ces femmes dites infertiles, stériles ou improductives vivent un véritable drame. Adja Helene Aw, sociologue tente de diagnostiquer ce phénomène d’ordre clinique mais oh combien sociétal.

Le mariage est une union contractuelle reconnue et encadrée par les institutions religieuses et judiciaires. Il unit deux personnes qui se sont jurées amour et fidélité aussi bien dans les moments de bonheur que de malheur. Au-delà de ce pacte, le mariage sous-tend des intérêts sociaux et familiaux parmi lesquels la progéniture. En effet, la naissance d’un enfant dans un couple constitue un moment de bonheur et contribue à renforcer les liens du mariage. L’enfant est considéré comme moyen de transmission du legs familial à travers le nom de famille qu’il hérite du père et les valeurs familiales transmises. Il est source de richesse dans la mesure où il est appelé à seconder son père dans les charges familiales. Dès lors, il devient une exigence pour chaque femme d’«offrir» un héritier, une progéniture à son époux, gage de prospérité dans le mariage. L’absence de descendance entraine une fragilisation de l’union faisant ainsi de la femme une victime sans défense. La vie de couple finit par prendre un autre tournant dû à l’immixtion de personnes extérieures, à savoir la belle famille. Cette situation contribue à mettre en péril l’harmonie et la stabilité qui étaient les fondements du mariage.

La plupart du temps la femme est taxée de stérile et d’«improductive» au moment où l’homme n’est même pas inquiété de sa responsabilité dans le problème. Elle devient la risée de la société et est diabolisée par son entourage qui devait pourtant la soutenir et l’épauler. Au tout début, la femme peut bénéficier du soutien de l’homme qui finit dans la plupart du temps par céder face à la pression familiale. Il choisit de prendre une seconde épouse marginalisant davantage sa première femme. Malheureusement dans la plupart des cas, le mariage se solde par le divorce qui constitue une échappatoire pour la femme et une porte de sortie pour l’homme.

Toutefois, ce que nous ignorons aussi bien sur le plan religieux que juridique, l’enfant n’est pas une clause dans le contrat de mariage. Certes la nativité est synonyme de bonheur et de richesse mais elle ne doit être en aucun cas source de rupture des liens sacrés.

Kya pour Jigguen

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