Polygamie : dégâts collatéraux

Le bien-être physique, mental et social est une condition indispensable pour vivre en harmonie et en paix. Toute personne aspire à ce bien-être. Lorsque l’on vit dans un ménage polygame avec toutes les tensions que cela comporte, il est quasi-impossible d’y avoir droit malheureusement.

Parce qu’aucune femme ne veut d’une coépouse et que c’est seulement par résignation que l’on accepte cette situation, partager son homme devient un calvaire pour beaucoup d’entre nous, surtout lorsque nous partageons le même foyer avec nos coépouses. Qui ne se rappelle pas de cette phrase de la députée Mously Diakhaté lors d’une interview réalisée par le journal l’Observateur «C’est très dur de voir son mari s’enfermer dans une autre chambre… »

Il ne faut pas se voiler la face, même si la polygamie est autorisée par la religion, elle est aussi source de plusieurs tensions et conflits dans les foyers (cependant il faut reconnaître qu’il y a moins de problèmes lorsque les coépouses n’habitent pas dans la même maison).

Il est difficile pour la femme coépouse de ne pas sombrer dans le piège de la jalousie, rageuse et maladive. Ce qui est souvent à l’origine des disputes constatées dans beaucoup de ménages et qui garnissent les colonnes des «faits divers» des différents journaux de la place. Une telle a été ébouillantée par sa coépouse, une autre a été défigurée, ou a reçu des coups de pilon. Il y a tant d’exemples à citer. Le constat est là : les bagarres entre coépouses sont devenues monnaie courante au Sénégal.

L’amour d’un homme mérite-t-il que l’on se batte comme des chiffonnières, que l’on se fasse arracher une partie de nos lèvres, que l’on perde un œil, un orteil, une main ou ne sais-je quoi ? Déjà c’est d’une violence extrême de devoir partager son mari avec une autre femme, donc n’ajoutons pas à cette violence morale et psychologique une violence physique aux conséquences souvent dramatiques. Que l’on soit «l’agressée» ou «l’agresseur», on y laisse des plumes. L’une gardera des séquelles à vie et l’autre passera quelques années en prison.

A bien analyser, seule la femme se trouve blessée dans cette configuration triangulaire, donc pourquoi devrions-nous accepter d’y laisser nos vies et de payer les pots cassés ? Il est temps d’ouvrir les yeux !

Mes sœurs, soyons dignes, nous valons mieux que cela. Prenons de la hauteur et arrêtons de nous faire du mal mutuellement avec ces rivalités misérables, ces bagarres et querelles généralisées, ces recours aux fétiches pour tenter de pourrir l’existence de l’autre…  Nos enfants ont besoin de nous à leurs côtés pour bien grandir. Il n’est pas normal qu’un enfant devienne orphelin ou que sa mère devienne atrophiée par la faute d’une autre femme. Cette saignée dans nos rangs doit cesser pour toujours !!!

Pour éviter ces querelles, l’idéal serait de fournir une maison à chacune des épouses. Faisons front commun et battons-nous pour imposer une loi qui obligerait tout homme sénégalais marié à vouloir prendre une seconde, une troisième ou une quatrième épouse à avoir autant de foyers que d’épouses. Ce sera la condition sinequanone pour qu’un autre mariage soit consommé aux yeux de la loi (que celui qui n’a pas les moyens de le faire n’épouse pas, c’est aussi simple que cela !). Nous pouvons le faire si nous le voulons. Il suffit juste que l’on s’organise pour cela. Certes le combat sera long mais pas impossible.

Jigguen

 

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