Elle a attrapé le virus de la mécanique très tôt. Dans cet entretien accordé à Jigguen, Ndèye Coumba Mboup ne cache pas son amour pour ce qui va être son métier de prédilection. Une femme dans l’univers de l’automobile ce n’est pas très fréquent, Jigguen vous ouvre le garage d’une dame déterminée et toujours prête à venir en aide aux mécaniciens qui sont au chômage et plus particulièrement aux mécaniciennes qui suivent des formations et qui peinent à trouver d’embaucheurs au niveau des sociétés.

Sipres 2,  quartier de Dakar, depuis 2006 le garage «Femme Auto» est l’un des deux seuls au Sénégal à être gérés par une femme, Ndèye Coumba Mboup. Au milieu des boulons et d’autres outils, des femmes mécaniciennes travaillent à temps plein dans cette entreprise qui compte au moins 15 salariés. Avec les 5 millions de francs CFA, qu’elle a réunis pour lancer son activité, la fondatrice compte aujourd’hui parmi ses clients les plus fidèles des véhicules de sociétés.

La détermination en bandoulière, Ndèye Coumba qui n’avait pas de soutien devait se battre, pour dit-elle, venir en aide aux mécaniciens qui sont au chômage et surtout aux mécaniciennes qui suivent pourtant les mêmes formations que les hommes, mais qui ont du mal à trouver du travail auprès des sociétés.

Créée donc en 2006, «Femme Auto» a été la concrétisation de toute une carrière, pour Ndèye Coumba Mbengue, sa fondatrice. Cette quinquagénaire a épousé, dès 1993, ce métier, en fréquentant le centre de formation «Sénégal Japon», un institut spécialisé dans la formation en mécanique, créé par l’Etat du Sénégal en partenariat avec le Japon.

Titulaire d’un brevet de technicien en industrie, elle a travaillé pendant plus de 15 ans chez plusieurs concessionnaires basés au Sénégal, avant d’ouvrir son propre garage, l’un des rares au Sénégal à embaucher des femmes.

Depuis sa création, le garage a formé plus d’une trentaine de filles, selon Ndèye Coumba Mbengue. Elle assure personnellement et à titre gracieux, la formation de ces jeunes mécaniciennes, jusqu’à ce qu’elles achèvent leur formation. Après, celle-ci elles ont le choix de poursuivre avec elle, en tant qu’employées, ou de partir à la quête de nouveaux horizons.

Lorsqu’on franchit le garage, on est d’abord frappé par l’ambiance des plus joviales et la bonne humeur des travailleurs en dépit de la rudesse, de la charge et de la dureté du travail. Les filles coquettes malgré leurs tenues de travail souvent tachées d’huile s’activent comme des hommes pour la satisfaction des clients.

La patronne évoque aussi de la part de certains des clients « des préjugés » qui se dissipent au constat des bons résultats qu’elle accomplit de concert avec ses protégées. Elle confie que sa motivation essentielle dans le choix de ce métier a été sa quête d’autonomisation.

Bon courage jigguen bou moune goor !!!

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