Prendre et annoncer l’arrivée d’une autre épouse : Un danger pour l’homme ?

Annoncer à sa femme qu’on en épouse une autre n’est pas chose aisée. Beaucoup d’hommes redoutent ce moment. La réaction de leur bien-aimée les fait flipper, raison pour laquelle, certains ont recours à des intermédiaires pour annoncer «la surprise», d’autres plus courageux affrontent leur épouse. La réaction de quelques femmes et hommes face à cette annonce vont être l’objet de cet article.

Ramata 25 ans, première épouse

«Mon mari a pris une deuxième épouse sans m’en informer. Trouillard qu’il est, c’est son père qui m’a annoncé la nouvelle. Comme j’ai de l’estime et du respect pour mon beau- père, je n’ai pas réagi violemment. Je suis restée imperturbable, une attitude qui a surpris ce dernier puisque tout le monde dans la famille connait mon chaud tempérament. Je lui ai simplement dit que je prends acte. Quand, il est parti, j’ai versé toutes les larmes de mon corps. Je me demandais où j’ai failli dans mon ménage pour que mon mari me punisse de la sorte. On venait de fêter notre première année de mariage donc pour moi c’était assez prématuré. Dès son arrivée, je me suis défoulée sur lui, en le traitant de tous les noms d’oiseaux et en le frappant mais il ne réagissait pas. Vu sa sérénité qui me perturbait davantage, je lui demande le divorce. Il me dit simplement «Il n’en est pas question». Je commençais à rassembler mes affaires pour partir il m’en empêche en jurant sur tous les saints qu’il m’aime toujours et que son nouveau mariage n’a rien d’une sanction. Il verrouilla toutes les portes de la maison et sortit. A son retour, il était accompagné de ma mère. En fait, il était parti chercher du renfort en la personne de ma mère. Après, il me laissa seule avec elle pour un tête-à-tête. Avec des mots doux, justes et réconfortants, ma mère a réussi à me convaincre de ne pas prêter le flan et de me battre pour mon ménage. Ce que je fis mais avec difficulté surtout les premiers mois où je partageais mon homme avec les fameux «tours». Maintenant tout est rentré dans l’ordre ou presque, car des fois, j’ai des pincements au cœur»

Amadou 34 ans, polygame

«Celui qui n’a pas le courage de dire à son épouse face à face qu’il prend une autre femme ne mérite pas de porter le pantalon. Pourquoi avoir peur de son épouse ; quand j’ai décidé de prendre une seconde, je l’ai dit à ma femme une semaine avant le mariage. Elle m’a fait des menaces et des chantages, qu’elle va se donner la mort. Elle commençait à ne plus s’alimenter, prétextant des maladies imaginaires, mais j’ai laissé faire. Je n’étais pas ébranlé car je sais que c’est une comédienne. Quand elle en a eu assez de son cinéma, elle est revenue à de meilleurs sentiments. J’avais de la pitié pour elle mais je n’accepte pas les chantages. Aussi je ne pouvais pas reculer puisque j’avais déjà donné ma parole d’honneur aux parents de ma promise et on avait fixé une date pour le mariage. Il faut que les hommes musulmans sachent qu’ils ont droit à quatre femmes et l’islam nous demande d’aviser nos épouses si nous décidons d’en prendre une nouvelle. Les femmes sont toutes jalouses et capricieuses donc c’est à nous les hommes de prendre nos responsabilités»

Lamine 44 ans, polygame

«Lorsque j’ai décidé de prendre une seconde épouse, je l’ai annoncé à la première après avoir célébré le mariage. Je connais son tempérament, elle est capable du meilleur comme du pire. Si elle était au courant, je suis sûr et certain que ce mariage n’aurait jamais lieu. Elle est tellement imprévisible raison pour laquelle j’ai pris mes devants. Quand je partais rejoindre ma deuxième femme je prétextais des missions à l’intérieur du pays. C’était une situation pénible pour moi, car je me sentais lâche et faible. Je voulais lui révéler la nouvelle mais malheureusement pour moi, elle a tout appris de je ne sais qui et où. Un jour en faisant mes bagages, elle m’interpella en ces termes «Fais les choses dans les règles comme le préconise l’islam. Donnes moi mes deux jours et à l’autre ses deux jours», je venais de recevoir un coup de massue. J’avais tellement honte, je voulais lui expliquer mais elle tourna le dos. Je défais mes bagages mais elle a dit niet va la rejoindre comme c’était prévu. Je suis parti car si je restais elle pouvait me tuer. A mon retour, elle ne me parlait plus et n’accomplissait plus ses devoirs conjugaux. J’ai imploré son pardon, essayer de la convaincre, lui offrir des cadeaux mais rien. Par excès de colère elle a même déchiré mes habits qui se trouvaient dans l’armoire mais je ne lui en voulais pas. Cette situation dura plus de 3 mois où j’ai beaucoup souffert car c’est une femme magnifique malgré son bouillonnant tempérament. Comme dit l’adage tout est bien qui finit bien. Mieux, mes deux femmes s’appellent et s’entendent plutôt bien. Macha’Allah»

Ndeye Marie 24 ans, première épouse

«J’ai tout bonnement divorcé. Je ne me vois pas être dans un ménage polygame. J’ai vécu dans une famille polygame, mon père avait 4 femmes, c’était l’enfer. Nous les enfants étions perturbés à cause des bagarres entres nos mères. Le mystique était notre lot quotidien, des gris-gris jonchaient le sol, des maladies à n’en plus finir. J’ai des séquelles. Quand mon mari  m’a annoncé son sale coup, je lui ai tout simplement dit de choisir entre elle et moi. J’ai été assez radicale. Il croyait que j’étais sous l’emprise de l’émotion. Mais quand j’ai fait mes bagages et quitté les lieux, il a su que je ne blaguais pas. Il est toujours avec son épouse et refuse de me libérer. Il fait des médiations à n’en plus finir mais je campe sur ma position. Mon père l’a convoqué à plusieurs reprises mais il lui fait faux bond.  Cela fait maintenant 6 mois qu’il me fait tourner en bourrique. Je compte aller en justice car jamais au plus grand jamais je ne serai dans un ménage polygame. Quitte à rester vieille fille».

Alima 32 ans, 2eme épouse

«Je me suis mariée sous le régime de la polygamie limitée à 2 épouses. Quelle ne fut ma surprise quand un cousin de mon mari m’annonçait que ce dernier avait pris une 3ième épouse. Moi qui croyais que j’avais «fermé la porte». Je lui ai clairement signifié que mon mari ne pouvait plus avoir de femme et que je le trainerai en justice si jamais il ne rompt pas ce mariage. Peureux qu’il est, mon mari n’a pas osé m’en parler. Il a prétexté un voyage à l’hexagone pour se soigner, naïve que je suis, je n’ai rien vu venir. Pendant ce temps, il était en lune de miel, le fumier. Lorsque j’ai annoncé la nouvelle à ma coépouse (je veux nommer la première) pour qu’on se batte ensemble, elle a presque jubilé et m’a répondu que tout se paie cash dans ce bas monde. La jalouse, elle ne me digère toujours pas. J’avais déposé une plainte en attendant son retour. Ma belle-famille et mes parents m’ont dissuadée pour que je retire la plainte. J’étais d’accord mais avec comme seule condition d’avoir l’assurance que mon mari se séparerait de l’autre. J’avais un atout majeur : ma propre belle-famille n’était pas d’accord avec ce nouveau mariage. A son retour, il a tenu sa promesse et a donc libéré l’autre, je me fiche complètement de ce qu’elle devient. Ma belle-famille est contente de ce divorce mais mes parents me reprochent d’être égoïste. J’ai fait ce que mon cœur me dictait. Tant que je serai en vie, aucune femme ne fera son entrée dans la vie de mon mari. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle».

Kya

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