BY TETATOU STORE

A 33 ans, Fatou Guèye possède déjà les nombreux atouts d’une styliste confirmée. Son travail, mêlant habilement mode, décoration et cuisine, font d’elle une artiste bien inspirée. Jigguen est allée à la rencontre de la styliste qui fait actuellement le buzz auprès de la gente féminine.

Impossible de passer sur les deux voies de Scat Urbam sans se retourner devant la boutique «Tétatou Concept Store». Le décor attire l’œil, car loin de la décoration habituelle des ateliers de couture établis à Dakar. On sent vraiment la différence dans l’agencement, l’aménagement, et la décoration du lieu. En effet, chaque produit est exposé de façon à ce qu’il puisse «se vendre tout seul». Bref, toute la boutique vous donne envie d’acheter et de revenir.

Fatou Gueye nous parle avec passion de son métier pour lequel il faut avoir «la tête dans les nuages et les pieds sur terre».

Être styliste c’est concevoir un modèle, une collection de vêtement de A à Z : dessin, réalisation et finitions ; prévoir les tendances à l’avance, imaginer, créer, voyager !

Il faut être résistant au stress et ne pas compter ses heures, être capable d’assumer la critique et de ne pas baisser les bras.

Fatou Guèye n’a jamais caché sa passion pour le stylisme. Déjà depuis la maternelle (eh oui même enfant !), elle confiait à ses amies «plus tard je deviendrai dessinatrice de mode»

Maimouna Kanté, son amie d’enfance, nous a confié qu’elle avait toujours les meilleures notes en dessin. Vous comprenez donc qu’elle a puisé dans ses souvenirs d’enfance, pour orienter sa vie commencée dans l’amour et l’admiration sans borne des motifs, des tissus, des couleurs, du travail à façon bien exécutée. Après l’obtention du bac en 2003 à Thiès, Fatou Guèye s’envole pour la France pour suivre des cours supérieurs en gestion. Elle obtient un BTS «Action commerciale» et un master 2 management et stratégie d’entreprises. En 2009, elle signe son retour au Sénégal où elle commence à travailler dans une banque de la place en qualité d’analyste de crédit. Mais en femme curieuse et déterminée, Fatou Guèye ressent le besoin d’explorer autre chose. Direction le pays de l’oncle Sam, les Etats Unis pour peaufiner ses connaissances et améliorer surtout son anglais.

De retour à Dakar, elle touche à tout, s’essaie même à l’architecture. Et voilà qu’au grand dam des sacrifices consentis par ses parents pour ses études, elle décide de vivre sa passion jusqu’au bout et annonce la nouvelle à sa mère : «Maman je veux faire de la couture !»

Dans les coulisses, certains proches murmuraient : un enfant à qui on a payé des études chères et voilà ce qu’elle propose, un métier souvent déprécié ici au Sénégal. «Tous les parents aspirent en général à voir leurs enfants embrasser un métier valorisant à leurs yeux, mais si ce que l’on fait ne nous plait pas, cela ne sert à rien», nous lance-t-elle.

Nous sommes en 2011, Fatou Guèye maintient son cap et commence sa petite collection de pagnes chez elle, dans sa chambre. Des pagnes qui auront du succès car ce sont des habits tradi-modernes. Ce vêtement quitte la maison où il a régné pendant des années surtout chez la ménagère pour pénétrer en ville, dans les bureaux, les soirées de gala et même les festivals.

Oui ! La styliste a révolutionné le pagne pour en faire un accessoire de mode tendance, pratique, moderne et utilisable sous toutes les formes.

Mais la grande faucheuse a frappé. En mars 2013, son mari décède et Fatou perd son meilleur ami mais elle reprend petit à petit le quotidien. On vit avec cette blessure nous confie-t-elle avec émotion. «J’ai une famille très soudée, on se soutient beaucoup, elle m’aide à aller de l’avant. Je ne pense pas avoir surmonté ce décès, d’ailleurs en reparler fait remonter des choses enfouies, donc je suppose que non. J’ai appris à vivre avec ce décès, je pense à cohabiter avec, plutôt».

C’est dans cette cohabitation qu’elle sortira de la pénombre en lançant officiellement sa marque «TETATOU» en 2014, une marque d’habits essentiellement axée autour du «pagne».

Elle fait donc un clin d’œil aux femmes actives, «osez mettre le pagne sans complexe, soyez à l’aise et mettez en berne un peu les jupes et pantalons».

A la question de savoir qu’est ce qui fait l’originalité de ses tenues ? Elle répond : le pagne devient un accessoire de mode, que l’on peut mettre avec une chemise, une veste, un top, en fonction de son style. Du décontracté chic, en passant par les pagnes en jean déchirés, aux pagnes en tulle, en dentelles bordées de fleurs artificielles pour n’importe quel look. Il peut être court, long c’est selon.

Au-delà des pagnes, celle qui adore les motifs sur les tissus va s’attaquer au cupcake, ces gâteaux qui ont la particularité d’être fabriqués en petites portions et agrémentés d’un glaçage associé à de petites décorations alimentaires colorées.

Cupcakes colorés by tétatou

Notre férue de mode ne lâche pas les motifs, elle les transpose jusqu’à dans la cuisine, «l’élaboration du gâteau ne demande aucune particularité en lui-même, en revanche la cuisson et la décoration du cupcake font toute la renommée de cette pâtisserie» Pour une fan de la décoration, nous comprenons son amour pour les cupcakes.

C’est grâce à cette fusion réussie de la mode, de la cuisine et de la déco que la jeune créatrice a trouvé sa place dans le cercle assez fermé du stylisme au Sénégal.

Vous pourrez découvrir toute l’originalité du concept store en vous rendant dans sa boutique à Scat Urbam. Un espace chaleureux où les clients pourront voir, toucher, s’habiller et même gouter aux délices des cupcakes.

Un bar à café vous y attend également pour déguster un bon café. Ça se prend au comptoir, nous dit-elle, avec un sourire de banane. «Tu sens ? Ça sent bon». On laisse forcément s’échapper un ummh…

La passionnée de cuisine qui adore le ngourbane (plat sérère) vous y attend avec une nouvelle collection pour les fêtes de korité, pour vos mariages, vos baptêmes etc …

L’équipe de Jigguen remercie la jigguen Fatou Guèye dite Tetatou et lui souhaite bon vent !

 

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