Tolérance zéro pour les violences faites aux femmes : derrière Ndèye Coumba Diop, il y a toutes celles qui restent invisibles.

Victimes de violences conjugales répétées, elles se taisent et vivent dans le secret par peur de représailles du conjoint, de la belle-famille, et même de la société, eh oui bienvenue chez moi au Sénégal où l’homme a le droit de disposer du corps de son épouse comme bon lui semble. Dans mon pays, c’est banal de battre sa femme, c’est dans l’ordre normal des choses, ça ne choque pas.

Pendant des années, les femmes souffrent en silence et vivent le martyr aussi bien physiquement que moralement mais en qualité de «seykat», elles doivent faire abstraction de leurs souffrances, de leurs malheurs au nom du fameux «muñ» que les femmes mariées doivent porter en bandoulière, pour dit-on, espérer avoir «une bonne place au paradis et une bonne descendance».

Il te bat à sang, te casse un bras, t’éborgne ou je ne sais quoi encore…. tu dois être stoïque et supporter. Pire, il y aura toujours quelques membres de ta famille qui seront prêts à recoller les morceaux avec ton bourreau (n’est-ce pas une autre façon de lui dire vas-y tu peux continuer à la battre ?). Si tu n’y prends pas garde, tu pourrais finir par y laisser ta vie.

Toute femme qui a osé s’affranchir de son bourreau, en portant plainte contre lui, s’est vu désigner du doigt «Vous avez vu, da fa tédjlou dieukeuram, ki mo bonne, ki mo yess, ki dou jigguen bou bakh». Chez moi, les hommes sont des rois, personne, ni rien ne doit les atteindre sinon gare à l’abomination qui s’abattra sur toi et ta descendance.

D’ailleurs à Ndoumbélane au nom du fameux «masla et soutoura», tout est caché et étouffé : les viols, les incestes, les grossesses, les avortements…

L’affaire Ndèye Coumba doit être le porte-voix de toutes celles qui par peur de représailles préfèrent garder le silence et rester dans ces foyers où on les terrorise durant des années.

Jigguen, menons ensemble ce combat afin que ce drame qu’a vécu Ndèye Coumba puisse libérer la parole à des milliers de victimes. Les violences conjugales ne doivent plus être un sujet tabou, au contraire elles doivent être dévoilées pour faire réagir l’opinion et changer les mentalités mais surtout pour lancer une alerte (ou envoyer un signal fort) aux hommes qui seraient tentés de s’y adonner ! Si nous continuons de nous cacher, le silence dans lequel nous nous murons, finira tôt ou tard par tuer une de nos sœurs, de nos cousines, de nos tantes ou de nos mères.

N’oubliez jamais, jigguen, se taire c’est donner du courage à son bourreau.

Nous avons aussi le droit de vivre donc ne laissons pas l’opinion des autres contrôler notre vie.

Jigguen

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